Visite chez les Coteaux Nantais à Remouillé et Vertou

A la fin du mois de novembre, nous avons eu la chance de visiter les locaux, vergers et entrepôts des Coteaux Nantais. La société a déménagé, il y a maintenant plusieurs semaines à Remouillé. On a donc visité les nouveaux locaux, la nouvelle usine de fabrication et le nouveau projet de verger des Coteaux Nantais, à Remouillé. Nous sommes aussi, bien évidemment, retournés là où tout avait commencé pour eux en 1943 à Vertou.

L’histoire des Côteaux Nantais

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C’est en 1943 que Jacques Moreaux crée la société des Coteaux Nantais, avec seulement 2 hectares de verger. Quelques années plus tard en 1965, il s’associe à René Delhommeau, et les Coteaux Nantais possèdent à présent 20 hectares de pommiers.

Dans les années 70, la société effectue un grand virage. En effet, en 1968, les 2 associés décident de passer toutes leurs cultures en bio. Cette période est très difficile, puisqu’ils ne maîtrisent pas assez bien les techniques de production bio et ils perdent alors près de 80% de leur production, suite à l’arrêt des traitements.

En 1995, la société décide de passer leurs vergers sous une culture biodynamique.

Au fur et à mesure la gamme de produits des coteaux nantais s’élargit avec les jus de pomme bio, puis les compotes et bien d’autres produits.

La société ne cesse d’innover et c’est aujourd’hui ce qui fait sa réussite

Les 3 hommes derrière les coteaux nantais

Depuis 2001 c’est Benoît Van Ossel , Robert Dugast et Michel Delhommeau qui gèrent l’entreprise. Au cours de cette visite, nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec chacun d’entre eux. Ce sont des hommes accessibles, connaisseurs et nourris par la même passion : leur amour pour la nature.

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De gauche à droite : Robert Dugast, Benoît Van Ossel, Michel Delhommeau

Les vergers des Coteaux Nantais.

« 6 vergers dans une seule région »

La société dispose à présent de 6 vergers dans la région nantaise soit plus de 90 hectares au total. Les vergers se trouvent à Remouillé, Vertou, Carquefou, Thouaré-sur-Loire, les Châtaigniers et la planche. La société essaye de conserver des vergers à taille humaine, c’est-à-dire de 20 hectares environ avec un responsable et 5-6 employés.

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Le site de vertou

Nous avons eu l’occasion de visiter le site de Vertou. Merci aux Coteaux Nantais pour cette visite. Nous avons pu en apprendre davantage, sur les difficultés rencontrées par l’entreprise mais également la récolte des fruits et la préparation des commandes de pommes.

L’innovation et l’adaptation continue des Coteaux Nantais

Les Coteaux Nantais ont toujours su rebondir, depuis leur création.

Comme indiqué ci-dessus, le passage au bio a été un passage difficile pour les Coteaux Nantais. En effet, durant 4 ans, 60 à 80% des fruits tombaient au sol et contenaient des asticots. Ils ont réussi à rebondir grâce à un voyage en Suisse, qui leur a permis de trouver une solution pour lutter contre le développement des Carpocapses. Le carpocapse est l’ennemi des producteurs de fruits. Il ‘agit d’un papillon de nuit. Ce papillon s’accouple et la femelle pond entre 150 et 250 œufs sur les feuilles ou les fruits. A l’éclosion, au bout d’une quinzaine de jours, les asticots rentrent dans la pomme et la détruisent.

En 1974, c’est les premiers au monde à réussir à maîtriser les asticots. Ils les maîtrisent grâce à une technique qui diffuse l’hormone femelle sur le verger et lorsque les papillons mâles cherchent à se reproduire (en avril et de juillet à septembre), il met du temps à trouver la femelle à cause de l’odeur de l’hormone femelle qui est diffusée partout dans le verger, et la nuit vient alors à tomber.  Or ce papillon s’accouple le jour et lorsque la température est supérieure à 15 ° C.  Cette technique permet alors de limiter la reproduction des carpocapses. Néanmoins, lorsque les vergers sont à proximité des villes, il y a plus de dégâts puisque les villes sont éclairées.

Les dirigeants des Coteaux nantais ont toujours su rebondir sur les difficultés rencontrées, puisqu’aujourd’hui les pommes véreuses sont notamment utilisées pour la fabrication du cidre.

Enfin, les Coteaux Nantais sont également, les premiers au monde à avoir utilisé la technique de la thermothérapie sur les pommes.

La récolte des fruits

La cueillette des fruits commence mi-août. Les techniques de cueillette, dépendent des variétés. En général, ils réalisent 2 à 4 cueilles pour une variété, afin d’avoir des fruits à maturité. La cueille est effectuée manuellement.

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Pour bien cueillir un fruit il ne faut pas :

  • Serrer le fruit
  • Le faire tourner pour le décrocher

Au contraire, il faut :

  • Le décrocher en montant et descendant (sauf pour certains fruits ayant un pédoncule court et des bourgeons au-dessus, il faut uniquement effectuer un mouvement descendant, afin de ne pas casser le bourgeon, permettant la pousse du fruit l’année suivante.)

Les pommes récoltées sont placées dans des palox en bois. Néanmoins, les Coteaux Nantais essaient de privilégier davantage le plastique puisque les carpocapses se développent plus dans le bois.

Plusieurs cueilles sont réalisées, puisque le développement du fruit dépend de sa position par rapport au soleil. La première cueille se conserve mieux et va alors être rangée dans des chambres froides. Sur le site de Vertou ils disposent d’une dizaine de frigo permettant de stocker 120 tonnes de fruits par frigo. Les pommes sont conservées à une température comprise entre 0 et 4 degrés et les poires entre 0 et 2 degrés.

Les frigos sont placés sous atmosphère contrôlée, c’est-à-dire qu’une partie de l’oxygène est enlevée afin de mieux conserver les fruits. Néanmoins, on conserve une certaine teneur pour que le fruit respire. Les poires et les pommes ne sont pas mélangées dans le même frigo, puisque la pomme dégage de l’éthylène ce qui fait mûrir les autres fruits.

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Enfin, avant de décider de commercialiser une variété, ils effectuent un test de dégustation.

Le calibrage des pommes

Cette étape consiste à trier les fruits en fonction de leur qualité et de leur taille.

Pour éviter les chocs, les palox de fruits sont soulevés et les fruits sont déversés dans un canal d’eau. Les fruits sont conduits par la suite au premier tri. Celui-ci s’effectue par lecture optique. Des caméras numériques photographient les pommes sous toutes leurs faces et les tris selon leur qualité et calibre. En fonction de ces données, la pomme est renvoyée vers le canal qui lui est dédié (compostage, pommes en sachet…).

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En fin de chaîne des employés sont chargés de trier manuellement les pommes, et de les remettre en palox.

Enfin, au sein de l’usine de Vertou, il y a un atelier pour préparer les sachets de pommes. Les pommes préalablement triées et destinées à la vente en sachet sont mises en sachet. Les Coteaux Nantais réfléchissent actuellement au développement de sachets biodégradables pour leur sachet de 1kg, 1,5 kg et 2kg.

 

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Collaboration avec la start-up Naoden

Depuis peu, le site de Vertou travaille en collaboration avec la start-up Naoden. Cette jeune start-up a pour but de réutiliser le bois (palette, branches des vergers…) en le transformant en copeaux afin de chauffer la chaudière. Le but est de transformer le bois en électricité ou en chaleur.

La plus vieille boutique des Coteaux Nantais

A Vertou, vous pourrez retrouver la première boutique des Coteaux Nantais, là où tout a commencé.  Elle se situe 3 Place Pierre Desfosse à Vertou. Vous pourrez y découvrir la large gamme proposée par la société.

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Le  site de Remouillé

Nous avons visité le tout nouveau site des Coteaux Nantais. On a effectué une visite des bureaux, mais avant tout du verger et de l’unité de transformation de fruits, située à Remouillé. Nous remercions Robert Dugast pour nous avoir guidé au cours de notre visite.
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Le projet de biodynamie dans le verger

Le verger de Remouillé est situé à proximité du Maine, un cadre idéal qui permet d’avoir des terres riches. Il est très récent et donc encore en cours de construction, malgré la présence de certaines plantations. Actuellement, dans le verger, ils souhaitent mélanger les fruits et y cultiver des pommes, des poires mais aussi de la rhubarbe ou encore du kiwi.

Les Coteaux Nantais souhaitent pousser leur volonté de biodynamie jusqu’au bout. En effet, d’ici aux prochains mois, ils souhaitent incorporer des animaux dans les vergers. Ils sont actuellement en pleine réflexion et pensent notamment aux moutons de shropshire, aux cochons ou encore aux oies. Actuellement, dans le verger des ruches sont déjà installées. Les abeilles permettent notamment de favoriser le développement des pépins dans les fruits et alors d‘avoir un fruit meilleur.

A côté du verger, il y a deux grand bassins d’eau, qui permettent de récupérer l’eau. Dans un bassin on observe, l’eau utilisée qui se déverse dans l’autre bassin contenant l’eau propre. Pour récupérer l’eau, il faut l’oxygéner, l’eau a alors besoin de bouger en tournant en rond. De plus, des pompes sont également installées pour aider cette oxygénation.

 

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Enfin, les Coteaux Nantais souhaitent créer un parcours dans le verger pour les visites des entreprises mais aussi des enfants. Ils sont en train de rénover un bâtiment afin d’en faire une ferme qui permettra notamment de réaliser des ateliers de cuisines.

Dans chaque verger, les Coteaux Nantais souhaitent avoir une hétérogénéité des produits. Par conséquent, la compote ne sera jamais la même puisqu’ils utilisent aujourd’hui 40 variétés de pommes.

Sur le verger, ils mélangent les variétés des fruits en fonction des dates de floraison et effectuent un travail superficiel de la terre (travail à la main). La terre est essentielle à la culture, afin de bénéficier d’une terre riche l’herbe est couchée et non tondue, et les trèfles sont gardés. Les trèfles permettent de fixer l’azote dans l’air et de le restituer dans le sol. De plus, les coteaux nantais utilisent la préparation 500 ou 500p pour stimuler la croissance générale du système racinaire. Auparavant, le site de Remouillé était occupé par un producteur de lait, ce qui a permis d’éviter d’avoir une terre appauvrie, contrairement aux terres occupées par des vignobles. Enfin, pour information, Robert nous a indiqué que la société tendait à respecter, le calendrier lunaire, pour mener à bien leur plantation.

La transformation des produits

Les fruits sont transformés dans leurs usines que nous avons pu visiter. Pour information, lors de notre visite, les salariés étaient en train de préparer de la compote de poires.

Les fruits sont entreposés, triés et préparés pour enfin être cuits dans des cuves de cuisson. Les fruits sont cuits dans leurs jus uniquement, à 70 °C. Auparavant, ils rajoutaient de l’eau mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ils rajoutent un concentré de citron bio, afin de faire baisse le PH de la poire. Le PH ne doit pas être au-delà de 4,5  pour ce fruit. Une fois la cuisson effectuée, la température monte jusqu’à 95 °C pour pasteuriser la compote.

Après la cuisson, les compotes sont stockées puis maintenues à température. Par la suite, on dose les compotes dans des récipients en verre, qui avance sur des convoyeurs. Dans un second temps, la capsule est fixée sur le pot, et les pots avancent vers les tunnels de pasteurisation. Le temps écoulé entre le dosage et la pasteurisation doit être faible puisque plus la température diminue, plus le risque de perte de goût est élevé. Ensuite, on fait doucement redescendre la température à 40 °C , afin d’éviter que le pot explose. Enfin, le pot est soufflé pour l’étiqueter.

L’ensemble des déchets sont réutilisés en compost qui servira pour les vergers. Le compost de chaque verger peut être utilisé au bout de 4 à 5 mois, et il est utilisé uniquement au Sud Loire puisque la terre possède moins d’argile.

L’entreposage des produits

Les produits sont entreposés à quelques mètres seulement de l’unité de fabrication. Les Coteaux Nantais entreposent leurs produits selon la langue présente sur l’étiquetage (anglais, allemand, français…). Le stock est placé en hauteur et le picking est situé au sol, afin d’optimiser le temps des préparateurs de commandes.

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Une entreprise à l’ambiance familiale

Au-delà de la production, chacun d’entre nous a remarqué l’ambiance familiale qui règne au sein de l’entreprise. Aux Coteaux Nantais, ils se connaissent presque tous, malgré la grande taille de l’entreprise. On sent bien que chacune des personnes qu’on a pu rencontrer aime cette entreprise. Ils sont tous prêt à s’entraider pour faire prospérer cette société mais avant tout pour prendre soin de leurs vergers qu’ils chérissent. Par exemple, en mai 2017, les gelées printanières ont eu lieu et durant 4 nuits Robert Dugast (sur le site de Remouillé) et ses collègues (du verger mais aussi des bureaux) sont restés 4 nuits avec des bougies pour réchauffer l’atmosphère et éviter que les pommiers gèlent. Découvrez en davantage sur cette anecdote juste ici.

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De plus, les Coteaux Nantais souhaitent intégrer les handicapés et c’est pourquoi certaines personnes ayant un handicap viennent travailler sur leur différent site.

 

Enfin, notre journée s’est fini par la dégustation des produits de la société. Nous avons goûté à leurs délicieuses confitures, purées mais aussi à leur api-bulles. Nous avons tous adoré leur produit !

 

Merci encore les Coteaux Nantais pour cette visite !

 

Cornélia

janvier 20, 2018